GROUPE FRANCOPHONE
DE REHABILITATION AMELIOREE APRES CHIRURGIE

Time course and reasons for 90-day mortality in fast-track hip and knee arthroplasty. Jørgensen CC, Kehlet H; Lundbeck Foundation Centre for Fast-track Hip and Knee Replacement Collaborative group. Acta Anaesthesiol Scand. 2017;61:436-444.

Résumé
Introduction : le décès du patient en post-opératoire est certainement le principal évènement indésirable grave à prendre en compte y compris après PTH (prothèse totale de hanche) et PTG (prothèse totale de genou). Alors que l’on analyse généralement le taux de mortalité due à des complications anesthésiques ou chirurgicales, et la cause du décès, la défaillance d’organe initiale est rarement prise en compte.

Matériel et méthodes : cette étude prospective observationnelle réalisée à partir de la base de données nationale danoise a analysé les décès survenus dans les 90 jours après PTH et PTG. Selon le lien entre le décès et la chirurgie, la relation était classée comme étant certaine, probable, possible ou peu probable.

Résultats : 13 775 PTH et PTG consécutives prises en charge selon un protocole RAC ont été inclues. La durée médiane de séjour était de 2 jours. Sur un total de 44 décès (0,3% du total), 28 (0,2%) avaient certainement ou probablement une relation avec la chirurgie et étaient considérés comme liés à la chirurgie. Les décès liés à la chirurgie étaient plus fréquents après PTH qu’après PTG (0,3% contre 0,1%, p=0,044), après une médiane de 14 jours (PTH) et 19 jours (PTG).  28 décès sont survenus entre J0 et J30. Sur les 16 autres décès, neuf ont été jugés possiblement liés et 7 étaient peu susceptibles d'être liés à la chirurgie et ont eu lieu à une médiane de 42 (PTH) et 61 jours (PTG) après la chirurgie. La cause de la dysfonction organique initiale la plus fréquente ayant entrainé le décès était pulmonaire (6/28) ou gastro-intestinale (6/28), tandis que la cause de décès la plus fréquente était pulmonaire (9/28) ou cardiaque (6/28). Dans cinq des sept décès liés improbables, la mortalité a été attribuée au cancer sous-jacent.

Conclusion des auteurs : la mortalité à 90 jours était de 0,3% après PTH et PTG, mais seulement 28 des 44 décès (64%) étaient liés à la chirurgie. Afin de pouvoir améliorer la sécurité et réduire la mortalité globale, outre la connaissance du taux global de mortalité et de la cause du décès, il est nécessaire de prendre en compte la cause de la défaillance d’organe initiale survenue après la chirurgie.

Commentaires

Ce que l’on savait avant l’étude : les études récentes rapportent une mortalité à J90 après PTH et PTG de 0,2 à 0,8% influencée par la technique anesthésique.

Ce qu’apporte cette étude : cette étude s’est intéressée spécifiquement à la mortalité après PTH et PTG prise en charge dans un programme RAC  en nous rapportant un taux plutôt bas. L’autre intérêt est l’analyse non seulement de la cause des décès mais surtout de la cause de la défaillance   d’organe initiale. Les limitations de l’étude est qu’elle a été faite à partir des certificats de décès et non d’autopsies et que la période retenue de 90 jours (recommandée par l’European Perioperative Clinical Outcome) est relativement longue, la majorité des décès imputables à la chirurgie étant survenus dans les 30 jours.